Mon Histoire

Je crois que lorsque nous avons le courage de partager nos histoires, nous réalisons que nous ne sommes pas seules à vivre ce que nous vivons et à ressentir ce que nous ressentons. Je crois que nos histoires nous relient et sont des exhausteurs d’humanité. Voici la mienne.

Je suis Linda, prénom dérivé de Lind qui signifie doux.
Lors d’une cérémonie de Solstice, j’ai demandé à entendre le nom de mon Âme et j’ai entendu ‘Shaya’ qui vient de ‘Shay’ et qui signifie cadeau ou bénédiction. C’est pourquoi tu trouveras la mention de Shay derrière mon prénom.

Je suis née à Strasbourg et je vis actuellement à Amsterdam. Mes racines ancestrales sont Khmers. Mais j’imagine que si je faisais un test ADN, je trouverais probablement des traces d’ADN chinois, thaïlandais, vietnamien, laotien, ou peut-être même indien. 

Mes parents sont des survivants du génocide des Khmers rouges. Pendant près de 4 années, eux, leurs parents, frères, sœurs, amis, voisins, ont connu de nombreuses violences, injustices et humiliations, et ont dû quitter leurs terres, avant d’arriver en France avec de profonds traumas. 

Avoir des parents qui ont vécu un génocide a bien sûr eu des répercussions sur mon enfance. Et je fais partie des nombreuses personnes de ce monde qui ont grandi dans un environnement dans lequel leurs besoins de sécurité et d'amour n’ont pu être pleinement nourris.

Cela a été difficile et douloureux. Et en même temps, cela m’a permis de développer une grande résilience et beaucoup de compassion pour ce qui est.
Parce que j’ai enduré tant de choses, je me sens aujourd'hui capable de tenir l'espace pour l'autre, peu importe ce qui le traverse.

Petite, je me sentais très différente. Je l’étais physiquement mais je me sentais aussi différente dans ma façon de ressentir et de penser.

Ultra sensible, j'avais l'impression que le moindre mot, le moindre regard, la moindre parole pouvaient me heurter et me blesser. Je riais et je pleurais facilement et je me sentais souvent incomprise. Je posais des questions sans fin, au grand dam de mes parents, et je pouvais passer des heures à laisser mon imagination inventer des histoires, les plus folles les unes que les autres, avant de les raconter à mon public imaginaire.

Mes parents eux étaient bien occupés à assurer notre survie et à réprimer les traumas qu'ils avaient vécu. Ils faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour s'assurer que nous ayons tout ce dont nous avions besoin : de la nourriture, un toit, des vêtements, la possibilité de faire des études... Ils faisaient de leur mieux pour nous offrir le meilleur. Pour nous offrir ce que eux n'avaient pas eu. Et pourtant je ressentais en silence un cruel manque de présence et d'amour.

Ma relation avec ma mère était tumultueuse et tranchante. J'avais constamment l'impression de la déranger. D'être “trop”. Trop sensible. Trop bavarde. Et en même temps de ne jamais être assez pour qu'elle m'aime (je comprendrais plus tard que cela n’avait rien à voir avec moi, mais ce sera peut-être l’objet d’une autre lettre).

Forte de cette impression, je m'efforçais de m'ajuster. Pour de ne plus être trop. Pour enfin être assez. J'ai commencé à retenir mes émotions. Mes questions. Ma voix. Qui j'étais. Surtout ne pas déranger. Surtout devenir la fille parfaite. Pour enfin, peut-être, être aimée.

Je grandissais ainsi et à 18 ans, je quittais le foyer familial. Malgré l'amour que je portais à ma famille, je ressentais comme un soulagement, une grande respiration. 

Je continuais à adopter la stratégie de devenir tout ce que les autres voulaient que je sois. 

Je me faisais des amis. J’avais des petits copains. Je faisais de longues études et je décrochais un poste à responsabilités dans une multinationale avec un bon salaire à Paris. 
À ce moment de ma vie je me disais : « ça y est, je vais enfin être heureuse ».

Et bien sûr, la vie est tout sauf ce que nous (notre mental) attendons :)
Je me sentais fière de mon parcours. De la reconnaissance que je recevais de mon père, et même de ma mère, qui étaient fiers d’avoir une fille qui avait “réussi”. Fière de l’admiration de mes amis et de mes petits copains. Fière d'un statut social qui m’offrait toute l'abondance dont j’avais manqué.

Et pourtant. Je me sentais vide

Je serrais les dents et continuais ma vie parisienne faite de meetings, de stress et de cocktails. Je serrais les dents et occupais ma vie du mieux que je pouvais. 

Quelques années plus tard, j'étais mutée à Amsterdam. Malgré les promotions, un magnifique appartement et une vie sociale sur-remplie, je me sentais toujours aussi vide. Et je m’en voulais de me sentir mal alors que j’avais “tout pour être heureuse”. 

Le stress continuait d’occuper ma vie avec cette culpabilité latente, et bientôt l’anxiété rejoignait mes nuits. J’avais mal au dos. J’avais du mal à respirer. Je pleurais au travail et j'étais irritable à la maison. 

Un burn out vient me sortir de ma roue de hamster.

Je quitte mon travail. C’était il y a 7 ans. Mon chemin de guérison commence alors.
Avec lui des réalisations difficiles. Mes émotions et blessures quant à ma relation avec ma mère refont surface. J’entame une thérapie, rencontre ma petite fille intérieure et reconnecte avec les émotions que j'avais réprimées. Je vois le mal aise que cela crée dans mon entourage. Le mal aise lorsque mes émotions s'expriment enfin et que je tombe le masque de la fille parfaite que j’avais porté toute ma vie. Mais je sens que je fais ce qui est juste pour moi.

À cette époque, il y a quelque chose en moi qui croit que je suis cassée. Abîmée à cause de mon enfance. Et que la thérapie est là pour me réparer. Mais au fil des années, je réalise qu’il n’y a rien à réparer. Guérir vient de « guarir » qui signifiait garantir et protéger. En anglais healing signifiait « restoration of wholeness ».

Je réalise aujourd’hui que guérir signifie simplement restaurer, garantir, protéger mon entièreté.

La découverte de mon Human Design quelques années plus tard viendra nourrir ma guérison, en me donnant encore un peu plus l’autorisation d’être moi, exactement comme je suis.
De même que la rencontre avec la régulation émotionnelle qui me permettra d'enfin processer mes émotions passées.

Je suis toujours en chemin. Je crois que j’ai intégré que guérir est le processus de toute une vie (ou plusieurs :). J’ai l’impression que je suis là pour retrouver, rencontrer des morceaux de moi en chemin. « Re-member » qui je suis, rassembler mes membres. Et que je suis là pour célébrer chaque membre retrouvé. Chaque membre intégré. Qu’il soit lumineux ou sombre.

Je suis dévouée à ma guérison. Car je crois que c’est la meilleure façon pour moi de contribuer à la guérison des autres. En me guérissant moi.
Et je suis dévouée à ma liberté d’être. Car je crois qu’en nous autorisant chacun.e à être un peu plus qui nous sommes, nous autorisons, d’une façon ou d’une autre, les autres à être un peu plus qui ils.elles sont.

Je suis très curieuse et j'adore apprendre sur les personnes que je rencontre et leurs expériences de vie. Et sur les pratiques et systèmes qui viennent à moi. 
Je parle beaucoup (j’adore partager ma façon de voir le monde ! ). Et en même temps, j’ai besoin de beaucoup de temps seule. Une sorte d’ermite bavarde :) 
J’adore marcher pieds nus dans l’herbe et parler aux arbres et au vent. Et en même temps, j’aime que tout ce que j’apprends soit utile et concret. Mon amie Nathalie m’a un jour qualifié de « grounded hippie » et je trouvais que ça me représentait bien :)

Mon système nerveux est hautement sensible. C’est un immense cadeau, et en même temps cela me demande de faire extrêmement attention à lui au quotidien. Afin de pouvoir utiliser mes dons empathes, sans porter les émotions du monde.
Je suis aussi très cyclique. Ma vie est faite de constants hauts et bas :) C'est une part de moi que j'apprends encore à embrasser mais ce qui est sûr c'est que j’adore vivre en connexion avec les cycles de la nature : le cycle féminin, le cycle de la lune, le cycle des planètes et des saisons...

Dans mon temps libre, j’adore danser toute seule dans mon salon, chanter au vent et être dehors au contact de la Terre Mère et des éléments (j’adore l’air de la pluie ! ). Je suis amoureuse de l’invisible et du mystique, du human design, de l’astrologie, du channeling, de ce qui est inexplicable et magique...

Je suis également très épicurienne. J’adore manger (!), être massée, m'arrêter pour sentir les fleurs sur mon chemin, et me blottir contre mon compagnon.
Je crois qu’un jour on adoptera un chien (et un chat, mais ça il ne le sait pas encore ;) Et que l’on vivra près d’une rivière où je pourrai me baigner chaque matin avant d’aller parler aux arbres et connecter avec vous. En tout cas j’en rêve.

Merci d’être ici ♡

Avec Amour,
Linda

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Le courage de déplaire