Déposer les armes
Photos prises par la magique Lucie Ngo, aux pieds de la Tor
J’atterris d’une retraite à Avalon
En réalité d’une initiation. Au moment où j’écris ces mots, je ressens de la tristesse. Tristesse d’avoir réalisé le rejet qui se jouait à l’intérieur de moi. Tristesse de voir ce même rejet se jouer à l’extérieur de moi.
Cela peut paraître fou, mais j’ai la croyance que le monde extérieur reflète nos mondes intérieurs. Que ce qui se joue dans le monde est un indicateur de qui se joue aussi à l’intérieur de nous. As within, so without. Comme si le rejet que je voyais dans le monde était aussi à l’intérieur de moi. Ou comme si le rejet à l’intérieur de moi était aussi dans le monde.
Depuis plusieurs semaines, je suis traversée par toutes sortes d’émotions. Comme si ces émotions avaient toujours été là et qu’elles étaient aujourd’hui réveillées par les évènements extérieurs.
La peur. La sidération. La colère. L’impuissance. Des moments de joie et de gratitude aussi ici et là. La culpabilité. Puis la tristesse. Une grande tristesse. Comme un deuil de cette incapacité à nous aimer. À m’aimer entièrement. À aimer les autres entièrement.
Et en même temps, l’espoir que ce deuil crée de l’espace en moi. L’espace nécessaire pour ce qui a besoin de venir. Même si j’ignore ce que c’est.
En réalité, je crois que je sais ce que c’est. C’est l’Amour.
Je sais. Ça fait cliché. Puis ça ne fait aucun sens pour mon mental qui me dit “meuf, tu fais le deuil de l’exigence d’aimer entièrement, pour faire de la place à… l’Amour ?”. Oui. Car l’exigence d’amour et l’Amour sont pour moi deux énergies différentes.
L’Amour, je crois, ne s’exige pas. Je crois qu’il se donne. À soi en premier lieu. Quand on peut, comme on peut. Pour pouvoir ensuite le donner aux autres.
L’Amour je crois, c’est accepter de déposer les armes, le contrôle si fort en moi. Et laisser l’Amour venir. Le choisir. Les mots de mon âmie Rosanne me reviennent : “je rends les armes”. Je choisis l’Amour. J’arrête de me battre. J’arrête de lutter. Je dépose les armes et je me laisse être aimée par cette force d’Amour invisible.
Cette force qui me dépasse. Invisible, et en même temps, bien là, lorsque j’ose rendre les armes et laisser faire. Cette force d’Amour sur laquelle je peux me laisser aller, me reposer, reprendre des forces lorsque je suis à Terre.
Voilà où je suis. À Terre. Nue. Mes armes déposées à mes pieds. Sans armure. Avec mes émotions qui traversent mon ventre, mon coeur, ma gorge, sans savoir ce qu’elles deviendront. Et des sursauts de contrôle. Puis doucement, sans le savoir. Ce relâchement qui s’en suit. Mon corps porté par la Terre et cette énergie d’Amour qui vient se déposer sur moi, m’enveloppe et me nourrit.
Voilà où je suis.
Si tu es là aussi, je te vois.
Merci d’être ici ♡
Avec Amour,
Linda